La responsabilité sociétale des entreprises

La prise en compte du développement durable n'est plus un sujet marginal pour les entreprises françaises. En intégrant ces préoccupations au cœur de leur stratégie, celles-ci en ont fait un argument de vente et un outil de gestion efficace.

En France, d’après l’Insee, plus de la moitié (52%) des sociétés de 50 salariés ou plus déclarent être impliquées dans la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Apparue dans les années 60, cette notion, qui désigne la contribution des entreprises aux enjeux du développement durable, a été promue au sein des organisations internationales au cours des années 90. En 2001, la RSE s’implante dans l’Hexagone où elle fait l’objet d’une obligation légale. Depuis, le champ de la loi s’est élargi en France et les bonnes pratiques se diffusent dans les entreprises de toutes tailles.

Les 3 domaines de la RSE

La Commission Européenne définit la RSE comme «la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société». Selon la norme internationale ISO 26000, cet engagement doit se traduire par un comportement transparent et éthique qui contribue au développement durable y compris à la santé et au bien-être de la société ; prend en compte les attentes des parties prenantes (salariés, investisseurs, fournisseurs, clients, communautés locales) ; respecte les lois en vigueur et les normes internationales ; est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations.

La RSE comporte 3 dimensions :

– sociétale : relations avec les clients, les fournisseurs, la société civile ;

environnementale : lutte contre le changement climatique, gestion économe des ressources, biodiversité ;

sociale : lutte contre les discriminations, conditions de travail, gestion des emplois.

Les obligations des entreprises

En Europe, seuls le Danemark et la France ont fait de la responsabilité sociétale des entreprises un objet de réglementation, la sortant du domaine de la «soft law» (textes ou normes non obligatoires, comme l’ISO 26000) qui prédomine au niveau mondial. En France, l’article 116 de la loi RNE a obligé, dès 2001, les entreprises cotées à rendre public un reporting social et environnemental. «L’article 225 de la loi Grenelle 2 a étendu le champ des entreprises concernées et demandé davantage de précision quant aux informations à fournir. Outre les sociétés cotées, depuis 2012, certaines sociétés non cotées de plus de 500 salariés et réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros, doivent également publier leurs informations sociétales, sociales et environnementales», indique Patrick Bourdil, directeur de mission performance RSE chez Goodwill Management. Un commissaire aux comptes contrôle ce rapport annuel.

Mais la RSE n’est pas appliquée seulement pour raisons légales. «Nombre de PME mettent en avant une démarche RSE dans leurs propositions commerciales par obligation de marché. Cela leur permet de séduire un nombre croissant de clients, dont les grands comptes», observe James Pédron, fondateur du cabinet de conseil en développement durable et RSE Effi21.

En pratique

Les actions de responsabilité sociétale sont mises en place à deux niveaux :

– Le fonctionnement quotidien de l’entreprise

L’entreprise peut adopter une politique d’achats responsables, en intégrant les critères sociaux et environnementaux dans le choix des fournisseurs. Elle veille à utiliser des transports à pollution réduite. Elle se préoccupe de la santé et du bien-être des salariés ; elle pratique une politique de diversité (handicap, jeunes, seniors, égalité femme/homme) dans le recrutement.

– Son offre de produits et services

L’entreprise cherche à réduite l’impact de son produit ou service sur l’environnement (emballage, formulation, usage…). Elle favorise une rémunération juste dans la chaîne de produits et services.

Les bénéfices de la RSE

Outre ses bienfaits externes, l’adoption d’une stratégie de RSE a des retombées positives sur la compétitivité et les performances de l’entreprise :

– des retombées en termes de réputation

«La politique RSE permet d’améliorer son image publique», explique Patrick Bourdil. Elle est cruciale sur les activités sensibles (industrie chimique, armement…). Au contraire, «si le rapport de gestion RSE n’est pas précis, le commissaire aux comptes émet des réserves qui seront diffusées à l’ensemble des actionnaires, ce qui peut avoir un impact négatif sur la réputation de l’entreprise», indique l’expert.

– un avantage concurrentiel

«Outre les retombées en termes d’image, la RSE pousse les entreprises à faire de l’innovation, de la R&D», souligne James Pédron, de Effi21. Eco-conception, économies d’énergie… toutes ces solutions innovantes sont aussi des atouts de vente.

– la motivation des salariés

«En prenant en compte le bien-être des salariés, la RSE permet de renforcer leur motivation et de limiter l’absentéisme et le turnover», observe Patrick Bourdil.

– la maîtrise des risques

En améliorant ses pratiques, l’entreprise anticipe les contraintes futures et réduit son exposition aux risques, si bien que certains assureurs accordent des remises aux entreprises ayant une politique RSE performante. Car outre l’amélioration de leur efficacité globale, cet outil est aussi et avant tout le signe d’une bonne gestion.

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